Le blog de Fimalac

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Marc Ladreit de Lacharrière parle de son engagement pour le patrimoine et l'art

 

Marc Ladreit de Lacharrière parle de son engagement pour le patrimoine et l’art dans le journal Le Dauphiné.

 

Observez-vous un regain d’intérêt des Français pour la sauvegarde de notre patrimoine ?

Le tragique incendie qui a frappé la cathédrale Notre-Dame de Paris en est un très bon exemple. Depuis le 15 avril dernier, ce sont 46 000 citoyens qui se sont mobilisés. C’est considérable, mais notons aussi le succès des nombreux appels à souscriptions lancés par la Fondation du patrimoine pour la sauvegarde du patrimoine local et qui permettent de mener à bien des restaurations. En 2018, 14,6 millions d’euros ont été collectés par la Fondation de 41 000 donateurs privés. En tant que membre fondateur de la Fondation du patrimoine, je pense que cette mobilisation reflète l’idée que la sauvegarde du patrimoine est de plus en plus l’affaire de tous. 

 

Comment jugez-vous la mission confiée par le chef de l’État à Stéphane Bern avec le loto du patrimoine ?

L’approche proposée par Stéphane Bern est originale et collaborative. La mise en place d’une plateforme participative a permis d’identifier plus de 3 500 sites du patrimoine en péril en France. L’opération qu’il a monté en partenariat avec la Française des Jeux, le ministère de la Culture et la Fondation du patrimoine est inédite. Le Super Loto du patrimoine a rencontré un grand succès, permettant de vendre 12 millions de tickets ! L’exemple de Notre-Dame, de la Fondation du Patrimoine et le succès de l’initiative de Stéphane Bern montrent que les concitoyens adhèrent de plus en plus à l’idée du mécénat comme soutien complémentaire à l’action des pouvoirs publics pour la sauvegarde de notre patrimoine.

 

Juste après l’incendie de Notre-Dame, vous avez annoncé un don de 10 millions d’euros. Une donation qui était une évidence ?

Par le hasard de la vie, je dînais ce soir-là, en face de la cathédrale. Voir brûler Notre-Dame, face à moi, était insupportable, un vrai traumatisme, il n’était pas question de rester passif. Ça a été une évidence pour moi, qu’il fallait se mobiliser immédiatement, ce que j’ai fait dès le lendemain, aux premières heures.

 

Vous vous intéressez aussi au 7e art, en coproduisant le film de Grand Corps Malade et Mehdi Idir, “La Vie scolaire”, sorti le 28 août. L’histoire de Samia qui débarque de son Ardèche natale pour prendre un poste dans un établissement de Saint-Denis…

Avec “La Vie scolaire”, c’est une réalité sociale des élèves et du corps enseignant des quartiers dits “difficiles” qui est traitée avec réalisme et sans clichés. Ce sujet me tient particulièrement à cœur, il rejoint mes engagements et ceux de Fimalac en faveur de la jeunesse, à travers ma fondation d’entreprise (Culture & Diversité) qui a pour mission de favoriser l’accès aux arts et à la culture des jeunes issus de milieux les plus défavorisés. Grand Corps Malade est un ami de longue date. Il connaît mon attachement l’Ardèche. Il a voulu me faire un clin d’œil qui me touche beaucoup. 

 

Ne craignez-vous pas qu’avec les écrans, la nouvelle génération perde l’amour pour l’art “réel” comme la sculpture et la peinture ?

Il est vrai que l’explosion du numérique a un véritable impact sur les nouvelles générations, dans la façon d’apprendre, de consommer, d’interagir. Mais je pense que l’intérêt pour l’art ne tarira pas. Les œuvres d’art sont universelles et intemporelles. Par ailleurs, au travers des actions que mène la Fondation Culture & Diversité, je peux mesurer l’intérêt et l’enthousiasme des jeunes dans les différents programmes que nous développons dans les écoles d’art, de cinéma, du patrimoine, d’architecture… 35 000 jeunes, au cours de ces dix dernières années, ce n’est pas rien ! 

 

Et l’art s’exprime aussi depuis très longtemps comme en témoignent la grotte Chauvet, en Ardèche, et ses dessins vieux de 36 000 ans…J’ai eu cet extraordinaire privilège de me trouver face à face au travail des artistes, ce fut un choc émotionnel d’admirer « les premières images de l’humanité », dans la pénombre, ce fut pour moi un des jours les plus fascinants et émouvant que j’ai eu à vivre.

 

 

« Jacques Chirac restera pour moi une haute figure du dialogue des cultures »

 

 

Quel regard portez-vous sur Jacques Chirac comme Président et homme ?

Au-delà de l’homme d’État qui a toujours été en totale harmonie avec les aspirations profondes de son pays et de ses concitoyens, Jacques Chirac restera pour moi une haute figure du dialogue des cultures. À la fois grand érudit et amateur éclairé et sincère, il savait faire preuve d’humilité et ne cédait jamais à la tentation de transformer ses conversations en examen de passage, car il était, avant tout, soucieux de partager ses passions et ses connaissances. Il nous a initiés aux arts non-occidentaux, mais plus généralement à tout ce qui contribue, dans le domaine de la culture, à notre commune humanité. Jacques Chirac savait bien que c’est peu de conquérir l’intelligence si on ne gagne pas les cœurs. 

 

Comment partagiez-vous ensemble votre amour commun pour les arts premiers ?

Si, depuis de nombreuses années, je collectionne avec passion l’art africain, l’amitié et le profond respect que je porte à Jacques Chirac y sont pour beaucoup. Cet attachement pour les arts lointains qui nous réunissait a certainement concouru à l’importante donation de ma collection que j’ai faite, en février 2018, au musée du quai Branly-Jacques Chirac. J’étais toujours ému dans ses bureaux de la Mairie de Paris, à l’Élysée ou chez moi, quand je le voyais prendre ces œuvres dans les bras, les caresser, leur tourner autour pour les observer et les décrire mieux que les meilleurs spécialistes. Il en parlait avec beaucoup de science, mais aussi avec amour. 

 

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