Le blog de Fimalac

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MARC LADREIT DE LACHARRIÈRE PRÉSIDENT D'HONNEUR DE LA 24e ÉDITION DU PARCOURS DES MONDES – ENTRETIEN

© Katharine Cooper

Vous avez été président d’honneur du Parcours des mondes lors de sa dernière édition. Qu’est-ce qui vous a donné l’envie de renouveler ou de poursuivre cet engagement cette année ?

J’ai été séduit, lors de l’édition 2024 du Parcours des mondes, par l’enthousiasme et le dynamisme d’Yves-Bernard Debie, directeur général de la manifestation, ainsi que par le professionnalisme de l’équipe qui l’entoure. Lorsque l’on m’a proposé de renouveler l’expérience en 2025, j’ai accepté sans hésitation.


Quelles impressions retirez-vous de cette première expérience au sein du Parcours des mondes ? Cette immersion a-t-elle modifié, enrichi ou affiné votre regard sur la manifestation et sur le rôle qu’elle joue dans la valorisation des arts extra-européens ?

Le Parcours des mondes est une manifestation unique par la simplicité du contact qu’elle crée entre les galeries, les œuvres, les collectionneurs du monde entier et le grand public. J’ai été frappé par le nombre de visiteurs, la curiosité des néophytes côtoyant l’œil aiguisé des amateurs chevronnés, ainsi que par la disponibilité des galeristes, qui répondent volontiers à toutes les questions. Il règne dans ce petit quadrilatère de Saint-Germain une atmosphère à la fois passionnée et bon enfant que j’ai trouvée extrêmement sympathique. J’ajoute que j’ai admiré le travail effectué en amont par les galeries participantes pour présenter des ensembles cohérents, des expositions thématiques et réserver au Parcours des mondes la présentation d’œuvres importantes.

L’année 2025 marque un moment fort de votre engagement en faveur des arts d’Afrique, d’Asie, d’Océanie et des Amériques. Vous avez récemment soutenu la transformation du Pavillon des Sessions du Louvre, qui deviendra la Galerie des Cinq Continents. Ce projet ambitionne de renouveler le regard porté sur ces arts. Quelle signification revêt, selon vous, cette nouvelle approche dans le contexte muséal contemporain ?

L’inauguration du Pavillon des Sessions a précédé de six ans l’ouverture du musée du quai Branly – Jacques Chirac. La décision du président Chirac d’installer au Louvre un ensemble d’œuvres provenant d’Afrique, d’Asie, d’Océanie et d’Amérique précolombienne a véritablement changé le regard porté sur ces cultures, d’autant que la sélection d’œuvres de Jacques Kerchache et la scénographie de Jean-Michel Wilmotte ont été une exceptionnelle réussite. Vingt-cinq ans plus tard, il faut reconnaître que la greffe avec le musée du Louvre n’a pas véritablement pris, car cette salle se trouve trop à l’écart du circuit des visiteurs. Le projet que je soutiens s’accompagne d’une refonte de l’accès par la porte des Lions et de nouveaux services offerts au public, comme la présence d’un café. Il constituera ainsi la première étape du grand chantier de modernisation du musée du Louvre lancé par le président de la République.


Parallèlement, vous avez également doublé votre soutien à la programmation culturelle du musée du quai Branly – Jacques Chirac, permettant la production de deux expositions annuelles dans la galerie qui porte votre nom. Quelles thématiques ou approches souhaitez-vous encourager à travers cette initiative ?

La programmation du musée du quai Branly – Jacques Chirac est extrêmement dynamique et diversifiée. Le président Chirac avait conçu ce musée comme un espace de dialogue entre les cultures, mais aussi entre les disciplines artistiques et les angles de questionnement. Dès l’origine de ma donation, il m’a semblé indispensable que les œuvres que j’apportais aux collections nationales dialoguent avec des expositions temporaires, elles-mêmes ouvertes aux artistes et aux thèmes les plus divers. En doublant mon soutien à ces expositions, qui seront donc deux fois plus nombreuses, je souhaite encourager cette diversité. Je n’interviens jamais dans les choix de programmation des institutions culturelles que ma fondation soutient, mais je suis heureux d’accompagner l’idéal d’un musée « en marche » voulu par Jacques Chirac. D’ailleurs, la plus récente de ces expositions, Objets en question. Archéologie, ethnologie, avant-garde, en est la parfaite illustration.


En tant qu’ambassadeur de bonne volonté pour la diversité culturelle à l’UNESCO, comment vos engagements actuels reflètent-ils votre vision du dialogue entre les cultures ?

Je suis plus attaché que jamais aux idéaux qui sous-tendent la Charte de l’UNESCO : d’une part parce que notre époque troublée a plus que jamais besoin de s’appuyer sur eux ; d’autre part parce que l’action intelligente et déterminée de l’actuelle directrice générale, Audrey Azoulay, leur a donné une nouvelle effectivité. Je veux croire que mon action en faveur des institutions culturelles, et des musées en particulier, participe des mêmes ambitions.

 


Marc Ladreit de Lacharrière renouvelle son engagement en tant que Président d’Honneur de cette nouvelle édition du Parcours des mondes. Figure majeure du mécénat culturel, il œuvre depuis des décennies à la reconnaissance des arts extra-européens et à leur inscription durable dans le paysage muséal français. Sa présence fidèle accompagne le Parcours dans une dynamique d’exigence et de rayonnement, confortant son rôle de référence internationale dans le domaine.

Depuis plus de trente ans, l’engagement indéfectible de Marc Ladreit de Lacharrière en faveur du dialogue interculturel résonne à travers l’ensemble de ses initiatives. Dès la naissance de son groupe Fimalac en 1991, le chef d’entreprise s’investit pour une société plus harmonieuse et solidaire, ouverte sur les arts et la culture, et contribue activement au rayonnement culturel de la France. Il a ainsi créé la Fondation Culture & Diversité, fondation d’entreprise de Fimalac, est membre fondateur de la Fondation du patrimoine et Grand mécène du musée du Louvre. À la demande de Jacques Chirac, il a également présidé l’Agence France-Muséums, en charge du musée du Louvre Abu Dhabi jusqu’à son ouverture au public. Son implication internationale s’est prolongée avec la création de l’Association des Musées méconnus de la Méditerranée (AMMed). En reconnaissance de ses actions culturelles et solidaires, il est élu à l’Académie des beaux-arts (Institut de France) en 2005, puis nommé Ambassadeur de bonne volonté pour la diversité culturelle à l’UNESCO.

En 2025, il a réaffirmé son soutien au musée du quai Branly – Jacques Chirac, permettant la réalisation de deux expositions annuelles. Il a également financé le réaménagement du Pavillon des Sessions, où le Louvre expose des chefs-d’œuvre prêtés par le musée du quai Branly – Jacques Chirac. À ce titre, Marc Ladreit de Lacharrière est devenu le premier partenaire du Louvre dans le cadre de la « renaissance du Louvre » annoncée par le président de la République.

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